.Articlε 165 Dimanche 25 Octobre..

.Articlε 165 Dimanche 25 Octobre..
"Il faut rater, s'y remettre, et rater mieux" Beckett
Les gens sont méchants. Ils sont méchants, mais jamais sans raison.

Tout d'abord, les gens détestent tout ce qui est anormal, ce qui sort de l'ordinaire, qui ne suit pas la voie habituelle, et qui est sans raison logique. Enfin, soyons honnêtes, l'homophobie, le mépris qu'on a envers ceux qui s'habillent différemment, ou encore le fait qu'on toise quelqu'un qui sourit sans raison apparente ne sont pas pure coïncidence. Si ces choses existent, c'est parce qu'on les fait vivre. Les préjugés, et les jugements plus généralement relèvent du réflexe, et plus ça va, plus je pense que malgré un esprit ouvert, malgré une bonne éducation et une profonde gentillesse, notre premier geste tend vers la méchanceté. Si un inconnu m'aborde sans raison apparente, mon premier réflexe est l'agressivité "Mais qu'est-ce qu'il me veut celui-là?", ou encore la méfiance "Ca s'trouve c'est un violeur en série, restons à l'écart.". Je pense donc qu'il faut un vrai travail sur soi pour oublier tous ces réflexes qui sont, objectivement, ridicules. Mais en ce qui concerne le jugement, est-ce qu'on peut vraiment s'en débarrasser? Le matin, je vois arriver quelqu'un, quelqu'un de proche que j'aime, je ne peux m'empêcher de le regarder de la tête aux pieds et une petite voix dans ma tête fait des réflexions telles que "Il faudrait qu'il pense à se raser" ou "Un jour je devrais lui dire qu'elle devrait penser à se coiffer le matin". Pourtant, cette personne, je l'aime, alors pourquoi est-ce que je me fais des réflexions de cet ordre? Je n'ai toujours pas trouvé la réponse. Peut-être que tout simplement, ça relève de la méchanceté gratuite qui me fait me sentir mieux, supérieure.
Ma prof de philo m'a expliqué que Sartre pensait que le regard de l'Autre l'emprisonnait et que c'était insupportable. Je suis d'accord avec lui. Je me connais, je sais intérieurement, je me dis des choses horribles sur tout le monde, et je suppose que ce tout le monde fait de même. C'est ignoble, de s'imaginer que tout le monde autour de toi se dit que tu es mal habillée, ou que tu es une idiote. Je sais aussi que je range les gens dans des cases, où ils sont bien au chaud, et que ça me fait mal aux fesses de les y déloger. Et c'est là où c'est terrible. C'est que les autres aussi, ils te rangent dans une boîte, et que quoi que tu fasses, même si tu changes du tout au tout, ils te laisseront dedans. Je sais qu'au lycée, la plupart des gens "populaires" ne m'adressent même plus la parole, parce que je suis dans la boîte des "gens sans intérêt". J'aurais beau être sympa, rigolote, charmante, cultivée, quoique que je fasse, pour eux je resterai sans intérêt. Je sais tout ça. Je sais que ce jugement est terrible, pourtant, je continue de l'appliquer. Pourquoi? Pourquoi est-ce que je continue de faire du mal en en étant consciente? Pourquoi sommes-nous si inquisiteurs?
Là-dessus, je n'ai trouvé aucune réponse, si ce n'est la réponse biologique. Il y a des millions d'années, nos grands-parents étaient des singes, et ils ont adopté ce genre de réflexes, parce que pour eux, être anormale, ça signifiait s'écarter du groupe, et donc risquer sa vie et la survie de son espèce. Et aujourd'hui, on a gardé ses réflexes. Ils sont si profondément ancrés, que c'est à se demander si ils ne sont pas vraiment inscrits dans notre ADN.

Mais il existe tout autre type de méchanceté, comme par exemple la méchanceté que j'appelle "de la réussite". On la connait tous. C'est quand, tout à coup, on réussit dans un domaine : on a une super note dans telle matière, on se déniche un petit copain, ou on a un nouveau pull extraordinaire, et alors, là se passe une réaction quasi-magique : on devient méchants. Mais véritablement méprisants et supérieurs, parc qu'on estime que notre nouveau statut nous rend plus importants, mais pour en être bien certains, on montre au reste de la planète qu'on PLUS heureux qu'eux. Pourquoi pensez-vous qu'il existe des gens qui se sentent obligés de publier des statuts Facebook comme "Oh mon coeur! 4 mois de bonheur avec toi! Et cette soirée avec toi, magiiique!" ? Moi je pense, que ça ne peut pas être pour la personne en question, mais qu'il s'agit juste d'une démonstration puérile d'importance. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les personnes qui sont dans ses "phases" changent radicalement de comportement, et chacune de leurs phrases a pour seul et unique but celui de vous humilier.

Enfin je dirais que la dernière forme de méchanceté, et sûrement la plus horrible à dénoncer, puisque la plus courante : la méchanceté gratuite. C'est cette petite voix dans votre tête qui vous force à faire du mal, dans le seul et unique but de vous sentir mieux. Critiquer les nouvelles bottes de la boulangère, engueuler votre télé parce qu'elle n'est capable de vous montrer que des idiotes décolorées qui confondent Roland Barthes et Fabien Barthez ou encore glisser une petite phrase qui ne paye pas de mine, mais qui au fond lance une bombe dans la tête de votre interlocuteur comme par exemple "Non, mais je sais que tu penses que ton petit copain est super distant, mais je t'assure, je connaissais bien son ex, et il était parfait avec elle, ça va s'arranger..." C'est la forme de méchanceté qu'on renie le plus, mais elle fait tellement de bien, qu'on se demande si on peut vraiment s'en passer.

Pour conclure le tout, je pense que toute forme de méchanceté n'est pas à rester. En effet, il faut se débarrasser des terribles réflexes, et essayer d'évoluer pour abolir toute forme de méchanceté de la réussite, mais la méchanceté gratuite, quand c'est juste une toute petite voix dans la tête, ça ne va tuer personne, non..?

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 14:50

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 16:49

.Articlε 164 Lundi 12 Octobre..

.Articlε 164 Lundi 12 Octobre..
Lecteur, ramène-moi là-bas, je t'en prie...
Tu sais, je crois que parfois, je suis un peu malheureuse.


________________________________________________



Il y a quelqu'un, très loin qui me parle de New-York.
Je crois qu'il s'agit d'une femme.
Elle me prend la main et me parle de Starbucks, des ballades entre amies, des journées shopping.
C'est marrant comme j'ai l'impression de connaître cette voix.
C'est pas possible, je suis déjà passé par là...
Incroyable comme je suis bien, mon visage est fendu d'un immense sourire.



"C'est terminé, Madame?"
"Non, Zoé, il faut que tu te rendormes, on ne t'a pas encore opérée"




Et puis tout est devenu tout noir. Et ce bruit, tout ce bruit... Pourquoi veulent-ils absolument que je me réveille? J'entends des enfants qui crient, des machines de tous les côtés qui hurlent des bips immondes. Je pleure. Il y a mon père, qui est tout prêt, et qui me dit que je ne dois plus pleurer, que c'est terminé.



"Rendormez-moi..."
"Quoi? Mais non, enfin, Zoé, c'est terminé je te dis!"
"Laissez, Monsieur, c'est les médicaments..."




Il y a la douleur aussi. C'est plus fort que moi, je pleure encore. Je ne veux pas me réveiller! Ramenez-moi là-bas, j'étais tellement mieux. Tu crois que ça ressemble à ça, le paradis? Je suis pas droguée, je suis lucide, je sais ce que je dis, je veux me rendormir! Ramenez-moi!


Enfin, il a fallut se ressaisir. Apparemment, ils ne veulent pas me rendormir. Je me lève, je marche. Un instant, et je suis par terre. Il y a du sang. Du sang noir, partout autour de moi. Qu'est-ce qu'il se passe à la fin?



"Zoé, Zoé écoute il faut que tu restes calme, l'anesthésie s'est pas bien passée, ton corps a mal réagit et tu dois te calmer. Tu as bu trop de sang, il va falloir qu'on te vide l'estomac... Zoé, tu m'entends? Zoé ! Si tu m'entends tu n'as qu'à serrer ma main."



Elle hurle maintenant. Laissez-moi tranquille à la fin! Je lui sers là main, puisqu'elle le veut.


Après, il y a eu les tuyaux. Des tuyaux énormes, qu'ils t'enfoncent dans la gorge pour que tout le sang qui est dans ton estomac finisse sur ton lit. C'est moins cool que je ne pensais, être un vampire. Les tuyaux s'en iront que le lendemain matin.

Parait qu'il n'y a pas assez de place dans mon service, et qu'ils vont devoir m'amener en soins intensifs. C'est un service plutôt sympathique, avec des machines de partout et des enfants mourants.

Après, j'ai beaucoup dormi. Mais pas comme pendant l'anesthésie, non, là c'était du sommeil bien humain. Bien bruyant. Bien agité. Détestable, en somme.

Ils m'ont ramené chez moi. Ils veulent pas me dire combien de temps je suis restée à l'hôpital.

J'ai passé le reste de la semaine dans un lit, avec des poches de glace sur les joues en regardant Télé-Achat.

Dites, vous êtes certains, vous voulez pas me rendormir? Juste un peu, quelque temps, une heure même. S'il vous plaît, vous voulez pas? Ah bon. Bah je reste éveillée alors.

________________________________________________



# Posté le lundi 12 octobre 2009 15:42

.Articlε 163 Dimanche o4 Octobre..

.Articlε 163 Dimanche o4 Octobre..
J'ai décidée de ne plus accepter dans mes "amis" les blogs qui ressemblaient trop au mien.
Il y a des choses qui changent une vie. Des choses qui remettent tout en cause, qui donnent à vos soucis d'adolescent beaucoup moins d'importance. Des choses qui vous attrapent, comme ça, au beau milieu d'un hôpital. En plus, cet hôpital, vous y étiez aller juste pour une petite opération de routine, trois fois rien, quelques dents de sagesse en moins. Oui, il y a des choses qui vous tombent dessus comme ça. Des choses comme un cancer.

Alors, oui, le cancer donne aux petites choses de la vie une importance qu'on ne peut même pas supposer. Sortir, lire, manger ce qu'on veut, voyager, papoter avec des amis. Mais quand le cancer tombe sur vous, votre entourage, sur tout ce foutu hôpital, toutes ces petites choses vous paraissent bien lointaines.

Ma mère s'est approchée, elle avait l'air bizarre. Et puis elle a dit, comme si elle y croyait pas elle même "Tumeur à l'utérus qui s'est étendue aux poumons". BOUM.

Des choses qui vous font regretter de vous être préoccupé pendant plus d'une semaine parce que tel ou tel mec vous a pas sourit.

Des choses qui vous font vous rendre compte que vous êtes trop grande pour croire votre mère quand elle vous dit que tout ira bien.

Aujourd'hui, lecteur, j'ai grandi. Je grandis, pendant que ma tante meurt. Parait que ça s'appelle la vie.

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 12:55

.Articlε 162 Samedi o3 Octobre..

.Articlε 162 Samedi o3 Octobre..
I'm not pretty. I'm not nice. I'm not generous, and I'm not smart.
J'avais énormément de choses à te dire, lecteur, et puis.. quand je suis arrivée devant mon écran, tout était parti.

Je vais commencer par te parler de Maryse, Romane et Jennifer, qui en ce moment me donne le sourire à un point que tu ne peux pas soupçonner. On partage des petits secrets, on s'envoient des SMS pour ne rien se dire, on se sauter dessus pour se raconter le moindre petit potin. J'avais oublié combien cela pouvait être relaxant...

Tu sais, je crois que je retrouve l'équilibre. Je bosse pas mal en cours, je ne fais pas chier mes parents, je deviens presque gentille avec Hugo.

Ca fait trois jours que je lis le même livre, que je ne pense, dors, et mange en pensant à lui. C'est le seul point que je ne contrôle pas encore tout à fait. Comment font les gens pour décrocher d'un livre? Alors que ce matin, j'étais en DST de Lettres, mon esprit vagabondait, s'imaginant une suite, un retournement de situation, je voyais les personnages dans ma salle, je les voyais se battre au milieu des copies, renverser les tables, s'embrasser devant la surveillante. Mais j'ai dû me ressaisir. Alors que j'essayais de me focaliser sur l'aspect naïf du personnage de Mme de Volanges, des passages du bouquin me revenaient en tête. J'ai alors pensé que, si, là, tout de suite, maintenant, je jetais ma copie à la gueule de la surveillante, que je prends mon sac, et que je me barre, j'aurais peut-être une chance de le terminer avant le déjeuner. Mais je me suis ravisée.

Quand je suis sortie, ma mère m'attendait, j'ai prétexté être malade, et elle m'a ramenée à la maison. J'estimais qu'elle mettrait environ 30 minutes pour faire les courses. Ok, j'avais 30 minutes, et la maison à moi toute seule pour le terminer. Faisable. En théorie, tout du moins. En pratique, il me restait 5 pages quand ma mère est rentrée. Je crois qu'elle va m'en vouloir pendant tout le week end, de l'avoir laissée tout ranger et tout nettoyer pendant que je lisais. J'aurais voulu qu'elle comprenne qu'il m'était impossible d'arrêter, mais ma mère ne comprend pas ce genre de choses.

En refermant le livre, je me suis rappelée que j'avais pas ressenti ça depuis longtemps. Je n'ai pas lu depuis plusieurs semaines, je pensais que ça ne m'avait pas manqué mais.. en fait, si, tellement. J'ai donc décidé d'en ouvrir un autre, juste après t'avoir écrit.

Je m'en vais donc, gentil lecteur.

Encore une chose, toi. J'ai besoin de te parler de ça.. Tu sais, les gens, eh bien c'est plein de préjugés et de rancoeur par rapport à tous les autres gens que ça connait pas. J'en suis fortement désolée, et je ne supporte plus ça. Je pense à faire sauter la planète. Mais je garderai les livres, entendons-nous bien.

# Posté le samedi 03 octobre 2009 09:41

.Articlε 161 Mercredi 23 Septembre..

.Articlε 161 Mercredi 23 Septembre..
La philosophie m'ouvre des perspectives que je n'imaginais pas. Je ne suis même plus vexée quand une seconde me regarde de haut, ou quand je me rends compte que certaines personnes de mon lycée ne m'ont jamais adressée la parole à cause de mes fringues, ou de ce qu'on disait de moi. Je prends du la hauteur, et du recul.

Je suis dans une période d'étrange satisfaction. J'ai eu les premiers résultats du lycée, et c'est très bon. Je ne me suis jamais sentie dépendante de mes ami(e)s. Mes parents me laissent tranquille. Ma chambre est rangée. Je me couche tous ls soirs très tôt, je prends un petit déjeuner équilibré, et même si je suis hormonalement irritable, je me sens bien.

Je redécouvre des trucs tous simples. Je n'ai jamais autant souris, et tache de m'émerveiller de tout, et ça marche.

L'autre jour, je suis arrivée passablement énervée au lycée, et j'ai croisé Emma. Ses amis de secondes sont arrivés, ils ont tous commencer à bavarder et à rire. Ils s'en rendent pas compte, mais ce sont de vrais de petits rayons de Soleil. A la récré, avec Romane, Maryse, Hortense , Véronique et Jennifer, on a rit comme des folles à propos de n'importe quoi.

Le soucis, quand on a trop de choses dans la tête, c'est qu'on en oublie ce qu'on a dessus. Je n'ai jamais été aussi grosse et mal habillée. Il faut rapidement y remédier. Demain, je sors le vernis rouge et les nouvelles chaussures, soyons fous.

J'ai un emploi du temps rempli de plein de choses passionnantes : les cours, le théâtre, les repas entre amis, bref, je vois du monde, je me change les idées, je deviens gentille.

J'ai utilisé trop de 'je' dans cet article. M'enfin bon, tu m'en veux pas, hein.. ?

# Posté le mercredi 23 septembre 2009 13:14